Depuis des années, l’une des maximes les plus répétées en matière de développement durable est qu’on ne peut réduire ce qu’on ne mesure pas*. Une meilleure mesure a aidé les entreprises à dresser un bilan plus précis de leur empreinte environnementale, notamment en ce qui concerne les émissions générées par les déplacements et les événements. La production de rapports s’est améliorée, des objectifs ont été fixés et les stratégies de développement durable se sont affinées.
Désormais, l’attention se porte de plus en plus sur l’utilisation concrète de ces renseignements.
En tant que directrice des voyages et des événements responsables chez Les services Direct Travel, Pippa Ganderton accompagne les entreprises qui franchissent cette nouvelle étape de leur stratégie de développement durable. Forte d’une vaste expérience dans le domaine des voyages d’affaires et des événements durables, elle voit une occasion pour les programmes de voyages de transformer une meilleure connaissance des émissions en actions concrètes, en ciblant les décisions et les investissements susceptibles de produire des résultats mesurables.
Cette priorité arrive à un moment particulièrement opportun, à l’approche de la COP31, qui se tiendra à Antalya en novembre et où la mise en œuvre des engagements climatiques devrait être un thème central. Pour les entreprises qui ont déjà investi dans la mesure et établi des objectifs de développement durable*, la question se pose : quelle est la prochaine étape?
Transformer l’analyse en action
Les progrès dépendront de plus en plus de la capacité d’une entreprise à démontrer des réductions d’émissions d’une année à l’autre et à déterminer où des changements importants peuvent être apportés.
Pour les programmes de voyages, cela exige d’aller au-delà des chiffres globaux.
- Où se trouvent les occasions d’agir relativement vite?
- Le train pourrait-il remplacer l’avion sur certains trajets?
- Des voyages moins nombreux, mais plus longs, permettraient-ils d’atteindre plusieurs objectifs plutôt que d’effectuer plusieurs déplacements distincts?
- Un événement peut-il se tenir à un endroit qui réduit la distance totale parcourue par les participants?
L’approvisionnement joue également un rôle majeur. Lorsque plusieurs fournisseurs peuvent répondre aux besoins d’un déplacement, leurs références en matière de développement durable peuvent être prises en compte au même titre que le coût, la commodité et le service. Les trajets directs, les appareils plus écoénergétiques et les fournisseurs qui investissent de façon crédible dans la réduction de leur propre impact environnemental sont tous des facteurs contributifs.
Prises isolément, ces décisions peuvent sembler ne produire que de petites améliorations. Ensemble, elles contribuent toutefois à intégrer le développement durable aux choix quotidiens qui déterminent l’empreinte environnementale des voyages d’une entreprise.
Commencer là où le changement est possible
Les possibilités de changement ne seront pas les mêmes d’une entreprise à l’autre ou d’un déplacement à l’autre.
Pour les entreprises exerçant leurs activités dans des secteurs tels que l’énergie, le secteur maritime, l’exploitation minière et la construction, les déplacements du personnel peuvent impliquer des sites éloignés, des options de transport limitées et des opérations soumises à des contraintes de temps strictes. Comprendre dans quels cas il n’existe tout simplement pas de solutions de rechange moins émettrices de carbone permet aux entreprises de concentrer leurs efforts là où elles peuvent obtenir des résultats concrets.
À l’inverse, les déplacements d’affaires entre des villes bien desservies peuvent offrir davantage de possibilités de transfert modal. Les processus d’approbation des voyages peuvent inciter les employés à examiner l’objectif et la valeur d’un déplacement, tandis que des budgets carbone internes ou la tarification du carbone peuvent rendre l’impact environnemental plus visible, en complément du coût financier.
Une stratégie de développement durable efficace tient compte de ces différences. Les déplacements essentiels demeureront une réalité pour de nombreuses entreprises; il importe donc de repérer les solutions de rechange crédibles lorsqu’elles existent, et d’atténuer l’impact des déplacements lorsqu’elles font défaut.
Traiter les émissions résiduelles
La mise en œuvre dépasse le seul comportement des voyageurs.
Le secteur de l’aviation demeure particulièrement difficile à décarboner, et de nombreuses entreprises continueront d’en dépendre. Le carburant d’aviation durable (CAD) figure parmi les solutions actuelles permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie par rapport au carburéacteur classique, tout en étant compatible avec les technologies aéronautiques et les infrastructures existantes.
Pour les entreprises qui doivent recourir à l’avion, des programmes crédibles de CAD peuvent s’inscrire dans une stratégie plus large : comprendre les émissions, réduire les déplacements évitables, privilégier les options moins émettrices de carbone lorsque c’est possible et investir dans des solutions permettant d’atténuer une partie de l’impact des déplacements nécessaires.
Il convient de souligner que le CAD ne doit pas servir de prétexte pour éviter les discussions plus difficiles sur la réduction des émissions. Il demeure une solution émergente, et l’offre mondiale ne représente qu’une petite fraction de la consommation totale de carburéacteur. Accroître son utilisation nécessitera des investissements importants et une collaboration entre les gouvernements, le secteur de l’aviation, les producteurs de carburant et les entreprises clientes.
La participation des entreprises peut stimuler ces progrès, en particulier lorsque l’investissement dans le CAD s’accompagne d’efforts continus de réduction des émissions à l’échelle du programme de voyages.
Faire progresser le développement durable
L’ambition de l’Accord de Paris de poursuivre les efforts pour limiter le réchauffement à 1,5 °C demeure un point de référence important pour l’action climatique mondiale. À mesure que les entreprises travaillent à atteindre leurs propres objectifs, l’accent est davantage mis sur la transformation des engagements en progrès mesurables.
Pour les programmes de voyages, cela peut comprendre le transfert modal, des déplacements mieux ciblés, un approvisionnement plus judicieux, des budgets carbone, des investissements dans le CAD et des mesures crédibles visant les émissions résiduelles. La combinaison appropriée dépendra des habitudes de déplacement, des besoins opérationnels et des objectifs de développement durable de chaque entreprise.
La mesure jette les bases de ces décisions. Les objectifs fixent le cap. La prochaine étape consiste à utiliser ces deux éléments pour déterminer les leviers d’action les plus efficaces et intégrer ces choix dans la gestion quotidienne des voyages.
Prêt à transformer vos objectifs de développement durable en actions concrètes?* Communiquez avec l’équipe des Services Direct Travel pour découvrir comment une approche de la gestion des voyages fondée sur une meilleure connaissance des émissions peut soutenir votre stratégie de développement durable.
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